La tradition insiste également sur le discernement. Les grands maîtres rappellent qu’un véritable lama doit être choisi avec soin. Sa conduite quotidienne, sa bienveillance, son humilité et sa fidélité aux enseignements comptent davantage que son prestige ou sa réputation. Les textes anciens recommandent même d’observer longtemps un maître avant de devenir son disciple.
En tibétain, བླ་མ་ (bla ma) signifie littéralement « celui qui est élevé », non parce qu’il occuperait une position de pouvoir, mais parce qu’il est censé avoir développé des qualités spirituelles permettant d’accompagner les autres. Dans la tradition himalayenne, le lama n’est donc ni un prêtre au sens occidental, ni un simple enseignant. Il est avant tout un guide, un passeur d’expérience, celui qui aide le disciple à reconnaître sa propre nature profonde. La relation entre un lama et son disciple constitue l’un des fondements du bouddhisme vajrayāna. Les textes comparent souvent cette relation à celle qui unit un voyageur expérimenté à celui qui découvre un sentier de montagne. Le guide ne marche pas à la place du voyageur ; il lui montre le chemin, l’aide à éviter les pièges et l’encourage lorsque l’ascension devient difficile. De la même manière, le lama transmet moins un savoir abstrait qu’une manière de vivre les enseignements. La transmission occupe une place centrale dans leur mission. Les pratiques les plus profondes du Vajrayāna ne peuvent être apprises dans les livres. Elles nécessitent une initiation, ainsi que des explications orales et un accompagnement personnel. Cette importance accordée à la relation humaine explique pourquoi le respect envers le lama traduit avant tout une reconnaissance envers celui qui transmet une expérience accumulée au fil des générations.
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