Selon la tradition rapportée dans le Nihon Shoki (日本書紀), une ambassade de Baekje remit à la cour japonaise une image du Bouddha (Butsu, 仏) ainsi que des textes sacrés bouddhiques au milieu du VIe siècle. Cet événement est généralement considéré comme l’introduction officielle du bouddhisme au Japon. Les techniques architecturales employées dans les premiers temples japonais, notamment à Asuka-dera (飛鳥寺, Asuka-dera), témoignent de cette influence.
Baekje (백제 | 百濟 ; jap. Kudara, 百済) fut l’un des Trois Royaumes de Corée (Samguk, 삼국, 三國), aux côtés de Goguryeo (고구려, 高句麗) et de Silla (신라, 新羅). Fondé traditionnellement en 18 av. J.-C., il occupait principalement la partie sud-ouest de la péninsule coréenne. Grâce à sa position maritime privilégiée, Baekje développa d’importants échanges avec la Chine et le Japon. Le royaume joua un rôle décisif dans la transmission vers l’archipel japonais de nombreux éléments de la civilisation continentale. Des érudits, des artisans, des architectes, des médecins et des moines de Baekje furent régulièrement accueillis à la cour de Yamato (大和). Sur le plan politique, Baekje entretint une alliance durable avec Yamato afin de résister à la pression de Goguryeo et de Silla. En 660, le royaume fut finalement conquis par une coalition formée par Silla et la dynastie chinoise Táng 唐. La tentative de restauration soutenue par le Japon échoua lors de la bataille de Baekgang (백강 | 白江, Hakusukinoe en japonais) en 663. Malgré sa disparition politique, Baekje exerça une influence culturelle profonde et durable sur le Japon ancien.
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