L’école Sanron (三論宗, Sanron-shū en japonais ; chinois 三論宗, Sānlùn-zōng, « École des Trois Traités ») constitue la forme est-asiatique de la philosophie Madhyamaka (skt. मध्यमक « Voie moyenne »), fondée en Inde par le philosophe Nāgārjuna (skt. नागार्जुन ; jap. 龍樹, Ryūju), actif vers le IIe siècle. Son nom dérive de trois textes fondamentaux : le Traité du Milieu (Mūlamadhyamakakārikā), le Traité des Douze Portes (Dvādaśanikāya-śāstra) et le Traité des Cent Versets (Śataśāstra). Introduite en Chine au VIe siècle grâce aux traductions du moine Kumārajīva (鳩摩羅什, Kumārajīva ; chinois Jiūmóluóshí), cette tradition fut systématisée par le maître chinois Jizang (吉藏, Jízàng). La doctrine centrale de l’école repose sur le concept de vacuité (śūnyatā, शून्यता ; chinois 空, kōng ; japonais 空, kū), selon lequel tous les phénomènes sont dépourvus d’existence intrinsèque et n’existent qu’en dépendance de causes et de conditions. Au Japon, l’école fut introduite au début de la période de Nara et devint l’une des Six Écoles de Nara (Nanto Rokushū, 南都六宗). Bien qu’elle n’ait jamais constitué une grande organisation monastique indépendante, son influence intellectuelle fut considérable. Les doctrines du Sanron contribuèrent à façonner la réflexion philosophique des écoles bouddhiques ultérieures, notamment Tendai (天台宗, Tendai-shū) et Zen (禅宗, Zen-shū). Son importance réside davantage dans son apport doctrinal que dans son poids institutionnel.
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