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Sampiero Corso

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Sampiero Corso (1498–1567) est un capitaine corse et une figure emblématique de la résistance à la domination génoise. Né à Bastelica, il s’engage comme mercenaire dans les armées françaises, notamment sous François Ier. En 1553, avec l’appui de la France et de l’Empire ottoman, il tente de libérer la Corse des Génois, mais son échec militaire mène à une reprise de l’île par Gênes. Il devient un mythe vivant : impétueux, rusé, passionné. Il est également connu pour avoir condamné puis assassiné son épouse Vanina d’Ornano coupable selon lui de trahison, geste tragique et célèbre, souvent réécrit dans la littérature romantique corse. Trahi, il est assassiné en 1567. Son image est ambivalente : héros de l’indépendance pour certains, chef brutal pour d’autres. Il est une figure fondatrice de l’identité corse insurgée.

[ INDÉFINITION ]

Sampiero participe à la campagne de 1516 contre les Orsini, sous les ordres de son oncle Tristan, et en 1516-1517 contre le duché d’Urbino. À partir de 1519, le pape est allié à l’empereur Charles Quint. En 1521, la condotta de Ludovico de Medici, à laquelle désormais appartient Sampiero, se bat aux côtés des troupes impériales pour la reprise de Milan aux Français. Puis il rejoint la troupe de Giovanni de Medici, l’un des grands condottieres florentins, né la même année que lui. Ils ont vingt-huit ans. Après la mort de ce dernier, en 1526, il sert le pape Clément VII puis Hyppolyte de Médecis. Il entre ensuite au service du roi de France, François 1er et combat aux côtés de Bayard. Grâce à ses exploits, il obtient le grade de colonel. Riche et célèbre, il épouse en 1545 Vannina d’Ornano, une jeune fille de la noblesse corse à peine âgée de quinze ans. Elle est la petite fille de Vincentello d’Istria, un des grands noms de la féodalité corse. Les Ornano sont au service de Gênes alors même que Sampiero combat pour le royaume de France.
Henri II, roi de France, est alors allié au sultan turc Soliman le Magnifique contre Charles Quint dont la puissance financière et territoriale est sans égale. Sampiero est alors chargé de conquérir la Corse au profit du roi de France afin de posséder un territoire intermédiaire méditerranéen ce qu’il entame en 1553 en menant une escadre franco-turque. Il bat à plusieurs reprises le redoutable amiral génois Doria et occupe une grande partie de l’île bien que les présides de Bastia et de Calvi restent génois. Hélas pour lui, la France subit une cuisante défaite à Saint-Quentin en 1557 qui aboutit au traité de Cateau-Cambrésis. La Corse retourne alors à Gênes et Sampiero devient gouverneur d’Aix-en-Provence en 1560 avant d’être nommé ambassadeur de France à Constantinople. Sa jeune épouse alors délaissée se laisse convaincre par un espion de Gênes, vend tous les biens du couple et embarque pour la cité ligure. Rattrapée, elle est livrée aux mains de son époux qui l’étrangle. L’affaire provoque un scandale européen et va inspirer Shakespeare qui fera de Sampiero le héros de sa pièce Othello.
Catherine de Médecis, épouse de Henri II, devient reine à la mort de ce dernier en 1559. Grande défenseuse du royaume, elle charge secrètement Sampiero de tenter à nouveau de conquérir la Corse. Il remet donc les pieds dans son île natale à la tête de quelques partisans et de mercenaires gascons. Il a désormais contre lui les Génois et la famille de sa défunte épouse qui met sa tête à prix pour le montant de deux mille ducats d’or à qui la ramènerait tandis que Gênes en promet quatre mille de plus. Sampiero est alors isolé et n’a plus guère de partisans. Les sommes promises représentent une véritable fortune qui convainc son capitaine nommé Vittolo de le trahir et de le mener tout droit dans un guet-apens. Il est tué par les frères Ornano puis découpé. Sa tête est exposée à la porte d’Ajaccio et y resta de longs mois. Son fils Alphonse fit de la restitution de la tête la première condition de la paix avec les Ornano et Gênes.

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