Bonjour à vous tous ! Je m’appelle Gia et je vous propose aujourd’hui d’embarquer avec moi en direction de l’Asie au travers de ce sceau. C’est lors de cette réalisation que j’ai pris connaissance pour la première fois de la fabuleuse épopée de Gésar écrite en tibétain [titre qui figure au centre]. Le roi Gésar est un guerrier envoyé au paradis pour vaincre les monstres, déposer les puissants et aider les plus faibles. On peut voir à droite du sceau qu’il est muni d’un casque avec quatre drapeaux, ainsi qu’en bas ses sourcils caractéristiques. Par ailleurs, Gésar est toujours représenté avec son cheval du vent, également placé à la droite du sceau. Ce poème épique de la province de l’ouest du Tibet et du nord de la Mongolie est exprimé par les grands traits de direction Nord/Ouest. Cette tradition orale étant composée de vers et de prose, j’ai choisi de faire figurer ceci par la simplification d’une bouche, ici la vague au milieu du sceau et du son qu’elle émet, par les trois traits épais. Traduite en 33 volumes, j’ai décidé d’exprimer les chiffres trois par la répétition des trois petits traits. Enfin, cette épopée est chantée à chaque naissance d’enfant – ici indiqué juste sous le cheval du vent, puis le sera tout au long de sa vie, ainsi que lors des mariages afin d’éduquer et transmettre un fabuleux héritage. Il est l’heure à présent d’achever ce récit et ce voyage, en vous signalant que le pourtour de ce sceau évoque les thangka, peintures typiques du Tibet…
Les communautés ethniques tibétaines, mongoles et tu établies dans l’ouest et le nord de la Chine ont en commun l’histoire d’un héros ancien, le roi Gesar, envoyé au paradis pour vaincre les monstres, déposer les puissants et aider les faibles, tout en unifiant des tribus très différentes. Les chanteurs et récitants qui préservent la tradition épique du Gesar racontent des épisodes de ce vaste récit oral (dits « perles sur une corde ») en alternant prose et vers, avec de nombreuses variantes régionales. Les maîtres tibétains portent des miroirs en bronze et utilisent des expressions faciales, des effets sonores et des gestes pour souligner leur chant, tandis que les exécutants mongols sont accompagnés par des violons et émaillent leur récit chanté et oral de chants mélodiques improvisés. L’interprétation de l’épopée, souvent accompagnée de rites tels que des offrandes et des exercices de méditation, fait partie intégrante de la vie religieuse et quotidienne de la communauté : des passages relatifs à la descente du roi Gesar sur terre sont chantés à la naissance d’un enfant, par exemple. Les centaines de mythes, récits populaires, ballades et proverbes transmis dans le cadre de la tradition ne sont pas seulement une forme majeure de divertissement des communautés rurales : ils éduquent également les auditeurs dans plusieurs domaines tels que l’histoire, la religion, les coutumes, la moralité et la science. Source d’inspiration constante pour la peinture »thangka, » l’opéra tibétain et d’autres formes d’art, l’épopée de Gesar instille aux auditeurs, jeunes et moins jeunes, un sentiment d’identité culturelle et de continuité historique.
Source : ich.unesco.org