C’est un monument de la littérature russe qui vient d’être réhabilité dans son intégralité. Ce livre d’Arseniev, qui n’existait en français que dans une version largement censurée par le pouvoir soviétique, n’a été publié dans sa totalité en Russie que dans les années 2000, et traduit seulement maintenant par Yves Gauthier dans notre langue.
Nous sommes au début du XXe siècle. Le tsar envoie Arseniev explorer un territoire au nord de Vladivostok. Ce dernier y recense la faune et la flore, il mesure et cartographie un territoire grand comme la moitié de la France. Ses descriptions méticuleuses offrent un merveilleux regard sur une taïga vivante. Mais son exploration n’aurait pu aboutir sans son compagnon de route, Dersou Ouzala, un homme des forêts issu du peuple golde. Dans ce livre, Arseniev se remémore leurs échanges sur cette nature qui évolue mal face à l’arrivée de gangsters des bois qui anéantissent sans vergogne ce qui fait l’équilibre de la forêt. Dersou a un regard sur son territoire qui nous semble tellement contemporain. Il n’ira pas sur le territoire du tigre ou de l’ours, car c’est le leur. Il ne tuera une bête que parce qu’elle lui est nécessaire. Il aidera ces individus qui crèvent de faim, sans aucun intérêt personnel. Il a tout compris, Dersou. Et c’est cette symbiose avec les éléments de la nature qu’évoque avec une rare puissance Vladimir Arseniev.
Ce livre est exceptionnel. Il mérite sa place aux côtés de Nature d’Emerson ou de Walden de H. D. Thoreau. »
Par : Benoît Albert
Source : La Géothèque | 2022
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