Le མཚོ་མོ་རི་རི་ (Mtsho mo ri ri), ou Tso Moriri, est un lac ladakhi reposant à près de 4 522 mètres d’altitude, au cœur du plateau du Changthang. Entouré de montagnes aux lignes douces et de vastes pâturages, il appartient autant aux paysages qu’à la culture des pasteurs nomades Changpa, qui vivent depuis des siècles dans cette région d’altitude. Le nom du lac demeure entouré de plusieurs traditions populaires. L’une des plus connues raconte l’histoire d’une jeune fille nommée Ri-ri, qui aurait traversé les eaux avec son yak. L’animal atteignit l’autre rive, mais la jeune fille disparut dans le lac, appelant une dernière fois son compagnon. Vraie ou légendaire, cette histoire rappelle combien les lacs himalayens sont souvent associés à une mémoire vivante, transmise par les récits autant que par les paysages. Le Tso Moriri est un lac d’eau saumâtre, moins salé que le Pangong Tso. Ses eaux alimentées par les glaciers et les sources de montagne forment un écosystème d’une richesse exceptionnelle. La région est aujourd’hui classée comme zone humide d’importance internationale au titre de la convention de Ramsar, en raison de son rôle essentiel pour la biodiversité des hauts plateaux. Chaque printemps, les rives du lac accueillent plusieurs espèces rares. Les grues à cou noir, considérées comme sacrées dans le monde tibétain, viennent y élever leurs petits. Les oies à tête barrée, capables de franchir les plus hauts sommets de l’Himalaya lors de leurs migrations, trouvent également refuge dans ces zones humides. Les berges deviennent alors l’un des plus remarquables sanctuaires ornithologiques d’Asie centrale. Autour du lac vivent les Changpa, éleveurs nomades de chèvres Changra, de yaks et de moutons. Leurs campements se déplacent au rythme des saisons afin de préserver les pâturages. Leur connaissance du climat, des plantes et des animaux témoigne d’une relation extrêmement fine avec cet environnement fragile.
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