Giacomo Meyerbeer (1791–1864), né Jakob Liebmann Meyer Beer, est un compositeur franco-allemand majeur du XIXᵉ siècle. Figure centrale du grand opéra parisien, il fusionne le lyrisme italien et la rigueur orchestrale allemande pour créer un spectacle total qui dominera les scènes européennes pendant plusieurs décennies. Issu d’une riche famille juive berlinoise, Meyerbeer reçoit une éducation musicale précoce auprès de Lauska, Clementi et Zelter. Virtuose du piano enfant, il étudie ensuite avec l’Abbé Vogler à Darmstadt aux côtés de Carl Maria von Weber. Après des débuts scéniques décevants en Allemagne, il part pour l’Italie en 1816 ; ses opéras italiens, notamment Il Crociato in Egitto (1824), le consacrent à l’échelle européenne. Installé à Paris, il s’associe au librettiste Eugène Scribe pour inventer un genre spectaculaire où se mêlent drame historique, effets visuels, chœurs massifs et virtuosité vocale. Robert le Diable (1831) puis Les Huguenots (1836) sont des triomphes internationaux, fixant les codes de la grande opéra : cinq actes, ballets, décors monumentaux et scènes d’ensemble puissantes. Puis Meyerbeer est nommé Generalmusikdirektor à Berlin (1842) tout en poursuivant sa carrière parisienne. Ses œuvres ultérieures, Le Prophète (1849), L’Étoile du Nord (1854), Le Pardon de Ploërmel (1859) et L’Africaine (achevée à sa mort), confirment sa maîtrise de l’orchestre et de la dramaturgie. Soutien de jeunes compositeurs comme Richard Wagner, il est pourtant violemment critiqué par ce dernier. Bien que son prestige ait décliné au XXᵉ siècle, Meyerbeer demeure une figure charnière reliant le bel canto rossinien au drame musical wagnérien.
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