A Kibera, le désespoir n’a cependant pas annihilé toute volonté de résistance. En 2004, le gouvernement kényan contraint plusieurs milliers de personnes, installées sur le tracé des voies ferrées qui traversent le bidonville, à quitter leurs habitations de fortune. Pour faire entendre leurs droits, la Fédération des habitants de bidonvilles, Muungano wa Wanavijiji, créée en 1996 pour faire face à l’éviction massive de bidonvillois, monte au créneau face au gouvernement. Plus généralement, rattaché au réseau Slums Dwellers International (SDI), elle conduit, à l’instar des autres fédérations du réseau, des actions pour aider les bidonvillois à reconstruire des habitations en s’appuyant sur un service communautaire dont le cœur est la collecte d’épargne. « L’épargne est surtout une façon de créer un lien social », précise Stephano Marmorato du SDI. La collecte journalière est en effet l’occasion pour chacun des membres de la communauté de donner de ses nouvelles aux autres. « S’il ne peut pas participer, il est obligé d’expliquer pourquoi il ne peut pas respecter ses engagements ». La fédération peut ainsi lui apporter son aide, celle que peuvent aussi solliciter des futurs petits entrepreneurs. Une preuve supplémentaire de ce que les vijiji (villageois, bidonvillois en swahili) de Kibera s’emploient, chaque jour, à prendre le dessus sur la misère, déjà persuadés qu’ « Un autre monde est possible ».
Par : Falila Gbadamassi
Source : afrik.com
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